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MBK 51 Super : quelques astuces pour une rénovation réussie

Dans un épisode précédent, vous avez pu suivre la rénovation d’un Peugeot 103 SPX. Aujourd’hui nous allons nous attaquer à la remise en état de son concurrent direct de l’époque, le MBK 51 Super.

En effet, çà la fin des années 70, Motobécane fait face à un déficit d’image auprès des jeunes. La Star 103 de Peugeot à la cote auprès des ados tandis que la Motobécane a une image plus rurale et vieillissante. La réputation de solidité de la marque ne suffit pas à attirer la clientèle des plus jeunes.

Le lancement du 103 SP en 1977 vient encore creuser cet écart.

Motobécane décide de répliquer et lance en 1978 la 51 super. Pour cela la marque va à appliquer à une base de 51 v les recettes adoptées sur le 103 SP qui fait fureur : fourche chromée type moto, jantes de couleur, porte bagages chromé… Le débattement arrière est plus important et les amortisseurs à ressorts chromés ou de couleur suivant les versions. L’adoption de garde boues assortis à la couleur du cadre et allégés à l’arrière permet aussi de donner une allure plus moderne et dynamique à ce deux roues.

Produit jusqu’au début des années 2000 après le rachat de la marque par Yamaha, ce modèle sera les dernier à résister à la vague du scooter.

Le projet de rénovation de ce MBK 51 Super :

 

Comme pour le 103 SPX clip, j’ai décidé de travailler sur une rénovation car ce modèle n’est pas rare et que la base est en bon état général.

Cependant, lors de son acquisition, une rénovation partielle avait été faite et certaines pièces n’étaient pas d’origine.

L’idée avec ce cyclo est d’en faire une machine fiable et d’utiliser les pièces présentes ou disponibles en refabrication pour lui donner un vrai coup de jeune sans pour autant vouloir à tout prix respecter l’origine.

Cela permettra de contenir le prix total du projet tout en ayant une mobylette agréable à regarder et à rouler.

 

Astuce N°1 : Faire un état des lieux précis avant de se lancer.

 

La première étape consiste à bien nettoyer son deux roues pour avoir une vision claire de son état : la crasse cache souvent la misère et laisse rarement de bonnes surprises.

Il faudra inspecter le cyclo et dresser un inventaire précis de l’état du véhicule : pièces manquantes ou inutilisables, pièces à rénover, présence ou non de rouille, en particulier dans le réservoir.

Il faut ensuite chiffrer le coût des pièces de remplacement et parfois faire des choix si le coût global est trop élevé.

Il faudra aussi impérativement établir la liste des travaux à réaliser et évaluer le temps nécessaire. En effet, l’objectif d’une rénovation est de pouvoir disposer assez rapidement de son cyclo et d’en profiter.

Cet étape est donc indispensable si l’on veut réussir son projet et rester dans un budget raisonnable par rapport à la valeur de sa mobylette.

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Qu’en est-il pour notre mob ?

 

Comme je l’ai indiqué, cette machine avait été partiellement rénovée mais le projet avait manifestement été abandonné en cours de route. Cadre décapé et peint avec un apprêt rouge. Carters et garde boues repeints sans soin. Une déco posée à la va-vite et un mélange de pièces neuves et d’autre anciennes et en mauvais état.

Le moteur d’origine semble en bon état mais il manque la bobine d’allumage et le faisceau électrique.

Manquent aussi à l’appel les chaînes, les manivelles et pédales, tous les câbles et gaines.

Il y a donc du travail pour remettre tout cela en état.

Je vais donc devoir me procurer les pièces suivantes :

  • Une paire d’amortisseurs à ressorts chromés
  • Des gardes boues avant et arrière (refabrication) car ceux qui sont sur le cyclo sont rouillée et irrécupérables
  • Les câbles et gaines
  • Les chaînes moteur et vélo
  • Les manivelles et pédales
  • Un compteur (j’en ai un d’époque en stock) et son câble
  • Un kit déco qui sera reposé après application d’un peinture
  • De la peinture.

J’ai aisément trouvé toutes ces pièces sur le site de Stokey shop livrées chez moi en 3 jours

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Et pour le moteur ?

 

Pour le moteur, j’ai à disposition un moteur complet avec cylindre et piston changés, carburateur en 15, allumage électronique Moryama d’époque et variateur doppler ER3.

Ce moteur est fiable et a déjà fait quelques belles sorties dont une randonnée de près de 90 km : La randonnées des Pétarous à la noix, à la Cassagne en Dordogne (400 participants, un incontournable dans la région).

Ce sera bien sûr une entorse à l’origine mais je décode d’utiliser ce moteur tout en conservant précieusement celui d’origine qui a une bonne compression.

Le programme des travaux :

 

Pour pouvoir disposer d’une belle machine, il va falloir reprendre la peinture du cadre et des carters moteur.

Il faut aussi déposer le moteur d’origine , les roues, les amortisseurs, la selle, les gardes boues et le porte bagages. Ce dernier n’est pas parfait mais une petite séance de microbillage et de l’huile de coude lui permettront de retrouver un aspect correct.

Pour la partie avant, fourche, phare et guidon sont neufs. Il faudra juste les protéger correctement pour la peinture.

Un démontage des roues sera nécessaire : nettoyage des jantes, contrôle des roulements, nettoyage des flasques de frein et tambours et remplacement ou déglaçage des mâchoires de frein.

Le réservoir quant à lui est en bon état et un bon nettoyage sera effectué avant remise en route.

Après peinture, il faudra procéder au remontage de toutes les pièces, mise en place du moteur et des chaînes de transmission.

Des pneus et chambres à air neuves sont montés.

Les jantes ne seront pas repeintes car leur état est satisfaisant.

Enfin il faudrait refaire le faisceau électrique et remettre en place les câbles et gaines

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La peinture

Après démontage et nettoyage, j’ai enlevé la déco qui avait étonnamment été posée sur un cadre en apprêt ! Pour cela il peut être utile de s’aider d’un décapeur thermique qui facilite le retrait des adhésifs.

J’ai constaté qu’il fallait reprendre le travail à certains endroits pour pouvoir avoir un résultat satisfaisant.

Après quelques reprises au mastic de carrossier et ponçage, j’ai décidé d’applique une nouvelle couche d’apprêt. Mon conseil est d’utiliser un apprêt garnissant qui va permettre de rattraper les traces de ponçage et d’uniformiser les différentes couches.

Après se pose la question de la peinture.

Le réflexe de l’amateur est de prendre des bombes de peinture auto et de se lancer. Attention, les bombes et vernis courants vendus dans les centres autos par exemple ne résistent pas aux hydrocarbures.

Au premier plein d’essence, votre jolie peinture et son vernis vont être dissous par l’essence, détruisant au passage des heures d’efforts !

Comment faire pour éviter cela ?

 

Astuce N° 2 pour bien réussir sa peinture.

 

Il se pose donc la question de savoir quelle solution adopter pour réussir sa peinture ?

Plusieurs possibilités :

  • Faire réaliser la peinture par un carrossier. Cela promet un résultat impeccable mais à quel prix ? Cette solution n’est raisonnable que dans le cadre d’une restauration complète.
  • Utiliser un compresseur et un pistolet à peinture chez soi. C’est bien sûr possible mais cela demande de l’équipement. Dans ce cas vous pourrez retrouver la teinte d’origine de votre cyclo. Il faudra ajouter un durcisseur. Même principe pour le vernis. Attention, cela demande un peu de connaissances et de savoir-faire.
  • Une autre possibilité est d’utiliser des peintures et vernis en bombes. Il faut alors impérativement utiliser un vernis bi-composants compatible avec votre peinture. La bombe de vernis contient le vernis et un durcisseur. Lors de l’utilisation on percute la bombe et le mélange se fait entre vernis et durcisseur. Plusieurs sites sur Internet proposent ces produits et vous pourrez aussi retrouver une peinture proche de l’origine. Cette solution est pour moi la plus facile dans le cadre d’une rénovation. Le seul inconvénient est que vous devez utiliser l’intégralité de la bombe de vernis dans les 24h après avoir fait le mélange.
  • Si vous souhaitez partir sur une couleur « Standard », il existe une dernière astuce que j’ai utilisée pour le MBK 51 : les bombes de peinture et de vernis de la gamme « carrosserie » du fabriquant Julien. Ces peintures et vernis sont insensibles aux hydrocarbures ! Vous pouvez donc peindre et vernir votre deux roues sans crainte de dégradations liées à l’essence. Pas de soucis de conservation car ce ne sont pas des peintures bi-composants. L’inconvénient est que la gamme de couleur est forcément limitée et ne vous permettra pas d’avoir une teinte d’origine.

C’est cette dernière solution que j’ai adoptée pour cette rénovation.

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Les roues

Pour remettre des roues en état, quelques astuces peuvent s’avérer utiles.

 

Astuces N° 3 : nettoyage et rénovation des roues

 

Le nettoyage est un préalable indispensable pour une bonne rénovation. C’est souvent un travail fastidieux à cause des rayons, des recoins sur les jantes à bâtons et surtout des saletés et de la graisse accumulée au fil des années.

Pour cela j’ai une astuce qui consiste à utiliser des brosses que l’on monte sur une visseuse sur batterie. Pour le nettoyage j’utilise tout simplement de l’eau avec du liquide vaisselle qui a pour avantage de bien dégraisser et de ne rien coûter.

Pour le tambour et les mâchoires de freins j’utilise une bombe de nettoyant frein et de la toile émeri pour nettoyer le tambour et déglacer les mâchoires.

J’en profite pour contrôles et nettoyer axes et roulements.

Si vous voulez repeindre vos jantes, un décapage chimique est le plus facile et efficace à la maison. Attention à bien rincer les jantes après décapage. Il faut ensuite utiliser un apprêt de qualité et une peinture bi-composant qui sera la seule à pouvoir résister lors des montages et démontages des pneus et à fortiori aux impacts.

Bien sûr, l’idéal est une peinture au four mais là encore les coûts sont élevés (décapage, grenaillage, préparation et peinture) et ne peuvent se justifier que pour une restauration.

Une dernière solution pour ceux qui trouvent ces opérations trop complexes ou si les jantes sont trop abîmées : racheter des jantes de refabrication. Pour un budget inférieur à 200 euros vous disposerez d’une paire de jantes neuves complètes avec flasques, axes et mâchoires de frein.

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Le faisceau électrique

 

La partie électrique est souvent un source de craintes pour les mobeurs. En effet, cela semble toujours très compliqué d’autant que nous récupérons souvent des mobylettes sont le faisceau a été bidouillé, rapiécé, modifié au fil des années. De plus, je souhaite installer tous les composants de l’allumage électronique de manière à pourvoir remonter les carters moteurs d’origine.

 

Astuce N° 4 : comment refaire le faisceau électrique

 

En pratique le faisceau électrique d’une mobylette n’alimente que peu de composants :

 

  • Les feux avant et arrière
  • Le Klaxon
  • Le circuit d’allumage
  • Et éventuellement des clignotants

Rien de très compliqué donc si l’on prend en compte ces quelques astuces :

 

  • Prendre des photos avant de démonter en particulier au niveau du phare avant qui regroupe parfois les principales connections du faisceau
  • Connaître les couleurs de fils couramment utilisées sur sa mobylette. Par exemple sur notre moteur à allumage électronique : vert et rouge connectés à l’allumage, jaune pour le circuit d’éclairage, noir pour la masse (reliée au cadre de votre machine), orange vers la bobine et noir/blanc pour le coupe circuit si on en utilise un. Ne pas hésiter à aller sur Internet pour retrouver les schémas électriques de son modèle, ils sont faciles à trouver
  • Se munir d’une pince à sertir des cosses, de cosses, de gaine rétractable et de bobines de fils de couleur. Toute cela est très facile à trouver sur votre place de marché préférée. Ce matériel est indispensable si l’on veut éviter les pannes électriques à répétition liées à l’humidité et aux vibrations.
  • Apporter un soin particulier à la connexion à la masse qui doit être de bonne qualité : c’est aussi souvent une source de panne (mauvais contacts, corrosion …)
  • Penser à passer les fils d’alimentation au fil du remontage
  • Veiller à bien fixer tous les éléments du faisceau pour que celui-ci résiste aux vibrations
  • Pour les « grosses config » renforcer les éléments de l’allumage avec du silicone pour éviter qu’il ne se dégradent.
  • Enfin, sur les allumages classiques, ne pas hésiter à remplacer les rupteurs et le condensateur (un modèle avec les composants électronique sera plus fiable).
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Conclusion :

 

Voilà, en complément de mon précédent article sur la rénovation, quelques tuyaux qui vous faciliteront sans doute la tâche pour la remise en état de votre mobylette.

Un article rédigé par Arnaud – Mob Collector

 

Mob Collector

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